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Point de côté en course à pied : pourquoi il survient et comment l’éviter ?

Le point de côté en course à pied est une douleur soudaine qui apparaît généralement sous les côtes ou sur le côté de l’abdomen. Son nom médical est douleur abdominale transitoire liée à l’exercice.

Si elle apparaît en courant, le premier réflexe est simple : ralentissez franchement, retrouvez une respiration régulière et marchez quelques instants si la douleur ne diminue pas. Vous pouvez également exercer une légère pression sur la zone douloureuse.

Dans la grande majorité des cas, le point de côté disparaît rapidement lorsque l’intensité baisse. Sa cause exacte reste toutefois discutée, et certaines explications très populaires chez les coureurs sont loin d’être démontrées.

Comment reconnaître un point de côté ?

Le point de côté provoque généralement une douleur bien localisée sous les côtes ou sur le côté de l’abdomen. Lorsqu’elle est intense, elle peut être aiguë ou piquante ; lorsqu’elle est plus modérée, elle ressemble davantage à une crampe, une tension ou un tiraillement.

Il peut apparaître à droite comme à gauche et parfois s’accompagner d’une gêne à la pointe de l’épaule. Il est particulièrement fréquent dans les activités impliquant des mouvements répétés du tronc, dont la course à pied.

Le scénario est assez caractéristique : la douleur apparaît pendant l’effort puis régresse lorsque vous ralentissez ou arrêtez de courir. Une douleur qui persiste au repos, s’aggrave ou s’accompagne d’autres symptômes ne doit en revanche pas être automatiquement considérée comme un simple point de côté.

Pourquoi a-t-on un point de côté en courant ?

Contrairement à une idée très répandue, on ne connaît pas encore avec certitude la cause du point de côté.

Plusieurs mécanismes ont été proposés : manque d’oxygène du diaphragme, tension sur les ligaments qui soutiennent les organes, distension digestive, contraction des muscles abdominaux, irritation de certains nerfs ou encore irritation du péritoine.

La revue scientifique de Morton et Callister sur cette douleur considère notamment l’irritation du « péritoine pariétal » comme une hypothèse compatible avec de nombreuses caractéristiques du point de côté, sans considérer le débat comme définitivement clos.

En pratique, certains facteurs semblent favoriser son apparition :

  • courir peu de temps après avoir mangé ;
  • absorber un volume important de boisson juste avant l’effort ;
  • consommer certaines boissons très concentrées en sucres ;
  • partir rapidement sans montée progressive en intensité.

Les jeunes sportifs semblent également davantage concernés, même si un coureur très entraîné peut lui aussi souffrir de points de côté.

Est-ce vraiment un problème de respiration ?

Pas aussi simplement qu’on l’entend parfois.

L’idée selon laquelle le point de côté proviendrait uniquement d’un diaphragme mal oxygéné est aujourd’hui trop réductrice. Modifier sa respiration peut néanmoins aider à diminuer l’inconfort lorsqu’un point de côté apparaît. Il faut donc distinguer la cause de la douleur de ce qui peut contribuer à la soulager.

Que faire quand un point de côté apparaît ?

Vous êtes en pleine sortie et la douleur commence à monter sous les côtes ? Évitez d’essayer de maintenir coûte que coûte votre allure.

  1. ralentissez franchement ;
  2. retrouvez une respiration régulière et essayez d’allonger l’expiration ;
  3. exercez éventuellement une pression douce avec les doigts sur la zone douloureuse ;
  4. si cela ne suffit pas, passez à la marche ;
  5. attendez que la douleur diminue avant de repartir progressivement.

Vous pouvez également tester une légère inclinaison du buste vers l’avant ou un étirement doux du côté douloureux.

L’efficacité de ces techniques varie selon les coureurs et repose pour certaines davantage sur l’expérience pratique que sur des preuves scientifiques solides. Elles figurent néanmoins parmi les méthodes proposées par Sports Medicine Today, une ressource de l’American Medical Society for Sports Medicine.

Si la douleur revient immédiatement dès que vous accélérez, mieux vaut écourter la séance plutôt que d’enchaîner accélérations et arrêts.

MomentActionObjectifPoint de vigilance
Avant la courseÉviter un repas copieux ou un grand volume de boisson dans les deux heures qui précèdentLimiter les facteurs susceptibles de favoriser la douleurIndividualiser selon le repas, l’intensité et la tolérance digestive
ApparitionDiminuer franchement l’allure et régulariser la respirationFaire diminuer la douleurNe pas maintenir la même intensité coûte que coûte
Douleur persistanteMarcher ou s’arrêter quelques instantsLaisser l’inconfort régresserÉviter les reprises trop brutales
RepriseRepartir progressivement après le recul de la douleurRetrouver une course confortableÉcourter la séance si la douleur revient
Douleur inhabituelleDemander un avis médical si elle persiste, change ou survient au reposÉcarter une autre origineÊtre particulièrement vigilant en présence d’autres symptômes

Les astuces contre le point de côté fonctionnent-elles vraiment ?

Beaucoup de conseils circulent entre coureurs. Tous n’ont pas le même niveau de preuve.

Respirer plus profondément ou allonger l’expiration : cela peut aider à retrouver une respiration régulière et à diminuer l’inconfort, mais cela ne prouve pas que le point de côté était causé par un manque d’oxygène du diaphragme.

Appuyer sur la zone douloureuse : cette technique est couramment utilisée et peut apporter un soulagement chez certains coureurs.

Se pencher légèrement vers l’avant : certains sportifs trouvent cette position plus confortable pendant l’épisode.

Synchroniser son expiration avec un pied précis : l’astuce est populaire chez les coureurs, mais les preuves permettant d’en faire une règle générale restent limitées.

Boire beaucoup d’eau pour le faire passer : ce n’est pas une bonne stratégie. Un grand volume de liquide peut au contraire favoriser le point de côté chez certaines personnes.

Il n’existe donc pas de technique miracle. Ralentir reste le réflexe le plus simple et le plus reproductible.

Faut-il arrêter de courir avec un point de côté ?

Pas nécessairement. Si la douleur est légère, commencez par diminuer fortement l’allure et observez son évolution. Si elle régresse, reprenez progressivement votre rythme.

En revanche, continuer à courir à la même intensité alors que la douleur augmente présente peu d’intérêt.

En compétition, un point de côté ne condamne donc pas nécessairement votre course : perdre temporairement quelques secondes en ralentissant peut être préférable à laisser la douleur devenir suffisamment forte pour devoir complètement s’arrêter.

Comment manger et boire pour éviter les points de côté ?

Le timing du repas et de l’hydratation est l’un des premiers paramètres à tester lorsque les points de côté deviennent récurrents.

Évitez notamment de concentrer un repas copieux ou un grand volume de boisson dans les deux heures précédant une séance susceptible de déclencher la douleur. Ce délai reste un repère à individualiser : la quantité consommée, la composition du repas, l’intensité prévue et votre tolérance digestive comptent davantage qu’une règle identique pour tout le monde.

Avant une compétition, privilégiez surtout des aliments et des quantités déjà testés à l’entraînement. Notre guide sur les erreurs d’alimentation avant et pendant un semi-marathon revient notamment sur le petit-déjeuner, l’hydratation et l’importance de ne rien expérimenter le jour de la course.

Ne cherchez pas pour autant à partir déshydraté. Buvez régulièrement en amont plutôt que d’avaler une grande quantité d’eau juste avant de courir, puis fractionnez les prises pendant l’effort.

Les boissons très sucrées ou très concentrées semblent particulièrement susceptibles de provoquer un point de côté chez certaines personnes. Leur dosage doit donc être testé à l’entraînement, en cohérence avec votre stratégie de glucides avant, pendant et après l’effort.

Pourquoi ai-je souvent des points de côté alors que d’autres coureurs n’en ont jamais ?

La sensibilité varie beaucoup d’une personne à l’autre. Si le phénomène revient régulièrement, essayez surtout d’identifier votre propre déclencheur.

Pendant quelques séances, notez simplement :

  • l’heure et la composition du dernier repas ;
  • ce que vous avez bu ;
  • le délai entre le repas et la course ;
  • votre allure pendant les premières minutes ;
  • le terrain ;
  • le moment où la douleur apparaît.

Vous découvrirez peut-être, par exemple, que le problème survient essentiellement lorsque vous partez vite moins de deux heures après un repas ou après avoir beaucoup bu juste avant la séance.

Modifier un seul paramètre à la fois permet généralement d’identifier beaucoup plus facilement le facteur qui favorise vos propres points de côté.

Échauffement, posture et gainage : est-ce utile ?

Coureur vu de profil effectuant un étirement avant de partir courir

Un départ progressif constitue une précaution simple. Commencez par quelques minutes de marche ou de course très facile avant d’augmenter progressivement l’intensité, particulièrement après un repas, lorsqu’il fait chaud ou si votre parcours commence immédiatement par une montée.

Une meilleure stabilité du tronc et une posture moins affaissée font également partie des pistes proposées pour limiter les points de côté, mais le gainage n’est pas un traitement miracle.

Une préparation physique générale reste intéressante pour de nombreuses raisons, sans qu’il soit possible de promettre qu’un exercice spécifique fera disparaître les points de côté. Si vous souhaitez intégrer progressivement ce travail, notre programme de PPG pour coureur débutant propose une routine simple à réaliser sans matériel.

Quand faut-il demander un avis médical ?

Un point de côté classique est bref, lié à l’effort et disparaît lorsque l’intensité diminue ou après l’arrêt.

Demandez un avis médical si la douleur :

  • devient suffisamment fréquente pour perturber vos entraînements ;
  • apparaît également au repos ;
  • persiste après l’arrêt ;
  • change nettement de localisation ou de comportement.

Arrêtez l’effort et demandez rapidement un avis médical en présence d’une douleur thoracique, d’un malaise, d’un essoufflement inhabituel, de fièvre, de vomissements répétés, de sang dans les selles, d’un abdomen très sensible ou d’une douleur intense persistante.

Ces signes ne correspondent pas au tableau banal d’un point de côté et peuvent nécessiter de rechercher une autre origine.

À retenir

Le point de côté en course à pied est fréquent et généralement sans gravité. Sa cause exacte n’est toutefois pas encore définitivement établie.

Lorsqu’il apparaît, commencez par ralentir, régulariser votre respiration et éventuellement exercer une pression douce sur la zone. Marchez quelques instants si nécessaire, puis reprenez progressivement.

S’il revient souvent, cherchez surtout un schéma : repas trop proche, grande quantité de boisson, boisson très concentrée ou départ trop rapide. Tester un paramètre à la fois permet généralement d’identifier beaucoup plus facilement ce qui favorise vos propres épisodes.

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